La puce à l’oreille

La fin d’année arrive à grands pas et ici au Québec, l’hiver s’installe tout doucement. 

Après avoir écrit trois lettres du vendredi consécutives, les réponses reçues m’incitent à continuer à partager des histoires et mes réflexions ; elles me renforcent aussi dans cette idée que nous sommes tous humains, et que de ce fait nous expérimentons des situations semblables, même si le contexte peut changer d’un individu à l’autre.

Cette semaine, je me suis lancé un défi : celui d’écouter.

Ce défi est né d’une situation vécue il y a quelque temps avec un ami.

Un matin de novembre, alors que nous nous baladions dans le quartier, cet ami me racontait les péripéties de sa semaine. Passionné, il gesticulait dans tous les sens, complètement plongé dans son histoire. Amusée, je hochais la tête en m’exclamant de temps à autre.

Mon ami a continué à s’animer ainsi pendant quelques minutes, et petit à petit je suis entrée dans ma bulle.

Puis, à un certain point de notre échange, j’ai pris conscience qu’il existait deux conversations : celle qui se déroulait dans ma tête, et celle qui se déroulait à haute voix. Mon ami était tellement absorbé dans son récit que d’interlocutrice, j’étais devenue observatrice ; tandis que j’écoutais d’une oreille, en même temps jaillissaient toutes sortes d’idées dans mon esprit.

Jusqu’à ce que mon ami aborde un de mes sujets favoris.

À cet instant, sans que je puisse m’en empêcher, j’ai rebondi avec tellement d’enthousiasme que je lui ai coupé la parole. Sur le moment je m’en suis à peine rendue compte, obnubilée par cette idée qu’il me fallait absolument exprimer. C’est là que les rôles se sont renversés ; je suis devenue un véritable moulin à paroles, gesticulant et m’exclamant comme mon ami l’avait fait un peu plus tôt.

Au bout d’un moment, mon ami s’est écrié : “Oh regarde! Les écureuils! Comme ils sont drôles!” Complètement fasciné, il s’était arrêté pour les observer, sautant d’une branche à l’autre dans une poursuite effrénée.

Coupée net dans mon élan, j’ai dû prendre un moment pour calmer mon esprit. Dans un ultime effort, j’ai tenté de ramener mon attention sur les écureuils. (Je dois l’avouer, ce ne fut pas une grande réussite!) Un instant plus tard, mon ami a repris la marche, et moi j’ai repris le fil de mes idées exactement là où je l’avais laissé.

De retour chez moi, je m’étais questionnée :

Mais que s’était-il passé?

Alors que nous nous baladions ensemble, j’avais eu l’impression que nous n’étions pas tout à fait sur la même planète. Pendant que mon ami parlait, j’avais laissé vagabonder mon esprit ; et lorsque je m’étais exprimée, mon ami s’était laissé distraire par les écureuils. 

En fait… ni l’un ni l’autre n’avions réellement écouté notre partenaire!

Toutefois, j’avais remarqué que l’élément de distraction n’avait pas été le même pour chacun. Intriguée par cette découverte, ma réflexion m’a naturellement conduite vers mon sujet de prédilection : les profils et les caractéristiques de la personnalité. 

Mon ami a un profil émotionnel et moi, j’ai un profil rationnel.

Selon mon expérience,

Un profil rationnel focalise sur les idées ;
Un profil émotionnel focalise sur les relations ;
Un profil instinctif focalise sur les solutions.

Un individu qui préfère le centre rationnel adore réfléchir et jouer avec les idées, et il peut être difficile de calmer son esprit pour écouter sans analyser. (En effet, c’est bien moi!)

Un individu qui préfère le centre émotionnel oriente son attention vers l’extérieur, et il n’est pas rare qu’il s’interrompe pour saluer les gens qui passent, ou pour faire une remarque  à propos de son environnement. (Oui, cela ressemble à mon ami 🙂

Un individu qui préfère le centre instinctif recherche les résultats, et dans ses interactions il aime donner des solutions et motiver à l’action – oubliant parfois de d’écouter le désir ou le besoin de l’autre.

***

Plus tard ce jour-là, mon ami et moi avons discuté de l’épisode des écureuils, et nous avons bien ri en évoquant mon désarroi. Depuis, j’ai appris à sortir un peu plus souvent de ma tête pour interagir avec les dires de mon ami ; quant à lui, il a constaté que regarder au sol l’aidait à focaliser son attention sur ce que je lui disais.

Nous avions progressé, et notre amitié s’en est trouvée renforcée. Or, je savais qu’il y avait encore place à amélioration! C’est pourquoi dimanche dernier, lorsque j’ai reçu la notification suivante sur l’application Guerrier Zen, l’épisode des écureuils a resurgi dans mon esprit :

“Pour m’épanouir, il ne suffit pas de maîtriser des aptitudes ; il me faut aussi savoir maîtriser mes attitudes.”

Quelle bonne idée : cette semaine, j’allais m’entraîner à adopter une attitude d’écoute.

De nombreux rendez-vous étaient à l’horaire, et je le vis comme une opportunité ; lors de mes rencontres, j’ai cherché à écouter activement, sans trop analyser ou me réfugier dans ma tête. Bien sûr tout n’a pas été parfait, mais chaque fois que j’y suis arrivée je me suis sentie plus engagée et authentique dans mes relations.

Qu’en est-il pour toi? 

T’arrive-t-il d’avoir du mal à être complètement présent(e) et à l’écoute, sans forcer les choses, penser à autre chose ou diriger ton attention ailleurs? Si oui et si tu te sens interpellé(e) par ce message, je te souhaite de développer ta maîtrise, afin que tu puisses bâtir des relations saines et épanouissantes avec les gens que tu aimes.

Bon vendredi à toi,
Guylaine

Crédit photo : Jonathan Borba sur Unsplash

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Guylaine

Préparatrice mentale et coach sportif depuis 30 ans, j’accompagne les individus dans l’élaboration de stratégies mentales favorisant l’équilibre, le bien-être et la performance afin que chacun puisse s’accomplir et s’épanouir dans tous les domaines de vie.