Semer des graines

À l’aube de la nouvelle année, je débute cette lettre du vendredi en vous disant MERCI pour vos courriels, vos messages et vos commentaires. En ce temps d’introspection, je me sens honorée d’avoir l’opportunité d’écrire sur les sujets qui m’animent, et je ressens une immense gratitude de savoir que ce partage peut inspirer, et susciter l’échange et la réflexion.

Pour moi, la fin d’année est un moment propice pour semer les graines du futur. C’est une période d’incubation, d’hibernation, durant laquelle je prends le temps de rêver, sachant qu’au fil des mois, ce que j’ai imaginé germera et se manifestera pour mon plus grand bien.

C’est pourquoi cette semaine, j’ai tout naturellement posé la question à mon partenaire : 

“Que veux-tu pour 2024?”

Silence.

Surpris par sa propre réaction, mon partenaire a répondu qu’il ne savait pas. 

Il s’est alors mis à réfléchir : en 2022, il avait démarré son entreprise en informatique. Puis, en 2023 il avait acquis deux clients importants qui lui permirent de prendre son envol, et surtout de boucler les fins de mois sans s’inquiéter constamment.

M’exposant son bilan, mon partenaire réalisa soudainement que sa décision de devenir entrepreneur avait d’abord été motivée par le besoin de sécurité financière. Même s’il n’arrivait pas à affirmer ce qu’il voulait, il savait très bien ce qu’il ne voulait pas : manquer d’argent. Or, en cette fin d’année 2023, la peur s’exprimait un peu moins fortement, créant un vide qu’il ne savait comment combler.

Il n’y avait plus rien à éviter.
Alors que pouvait-il désirer?

J’ai donc fait une nouvelle tentative : 

“Qu’est-ce qui pourrait t’apporter du bien-être, ou de la joie?”

Re-silence.

Pendant qu’il réfléchissait, mille idées me venaient en tête : réduire les longues heures de travail, voyager plus souvent, acquérir un nouveau canapé (bon je l’avoue, ce sont mes désirs à moi!). Je m’imaginais partir en road trip en Arizona, revigorée par la chaleur du soleil, et déjà je me sentais plus sereine.

Au bout d’un moment, ma rêverie fut interrompue par la voix de mon partenaire : 

“Il y a un an, j’avais peur de manquer d’argent, aujourd’hui j’ai peur de perdre ce que j’ai acquis.”

Cette bonne vieille peur.
Toujours présente.

C’est alors qu’un souvenir a surgi dans mon esprit.

Mon partenaire et moi nous sommes rencontrés il y a dix ans, lors d’un championat national d’ultimate. L’année suivante, nous nous envolions vers l’Italie pour participer aux championnats mondiaux, moi avec l’équipe féminine, lui avec l’équipe masculine. Durant les années qui avaient suivi les championnats, nous avions participé ensemble à plusieurs tournois amicaux. 

Un jour, alors que venions tout juste d’essuyer une défaite, j’avais fait remarquer à mon partenaire qu’il avait offert une performance incroyable en première demie, mais qu’en seconde demie, on aurait dit qu’il avait complètement disparu. Revoyant mentalement la partie, il avait conclu que les encouragements de ses coéquipiers l’avaient déconcentré.

Après cet épisode, mon partenaire ne voulait plus qu’on le félicite ou l’encourage ; il disait que cela le rendait heureux, et que la joie le rendait paresseux.

Trop de plaisir était-il dangereux pour un sportif qui voulait performer?

Pour mon partenaire, l’activation avait toujours été un enjeu ; au fil du temps, il avait appris à devenir plus agressif, à se remémorer des souvenirs qui généraient frustration et détermination, et à éviter de plaisanter avec ses coéquipiers avant les matchs. Bien que cela l’aidait à garder le focus, l’expérience était définitivement moins agréable!

À cette époque, nous nous étions posé la question : pouvait-on s’activer autrement que par la peur, la colère ou la frustration?

La réponse vint quelques mois plus tard, lorsque j’ai commencé à étudier les caractéristiques de la personnalité. Alors que je parlais des trois profils à mon partenaire, celui-ci découvrit qu’il avait un état d’esprit Héros – un profil émotionnel – et qu’il était stimulé par le désir de contribuer au bien-être d’autrui. À partir de ce moment, au lieu de tenter par tous les moyens d’entrer en mode Guerrier, il se mit à focaliser sur ce qu’il voulait apporter à son équipe, ce qui lui donna des ailes et la volonté nécessaire pour se surpasser.

C’est en me remémorant ce souvenir que je réalisai que je n’avais pas posé les bonnes questions. 

J’ai alors reformulé :

“En 2024, comment aimerais-tu contribuer au bien-être des tiens, de ton entourage, de ton quartier?”

Entrant dans le jeu, mon partenaire s’est mis à imaginer l’impact positif de son travail au sein de sa communauté ; il comprit à quel point les organismes sans but lucratif – ses clients – avaient besoin de ses services pour bâtir des environnements sains et fonctionnels.

Ces images positives ont, pendant un instant, fait s’évanouir la peur et lui ont donné l’élan de mettre ses idées sur papier. Enthousiaste, il s’est mis à envisager 2024 avec plus de confiance et d’ouverture. Ce jour-là, il a semé des graines, qu’il a arrosées d’optimisme, leur donnant toutes les chances de s’épanouir dans les mois à venir. 

Aujourd’hui, c’est le bien-être des autres qui motive les actions de mon partenaire ; éventuellement, peut-être que son propre bien-être deviendra tout aussi important. Il en est conscient, et mon petit doigt me dit que l’idée fera son chemin dans un futur rapproché.

Qu’en est-il pour toi? 

Peux-tu nommer ce que tu veux pour 2024? Peux-tu l’imaginer, le ressentir? Ces impressions font-elles émerger des émotions positives?

Si tu ne l’as pas encore fait, je t’invite à profiter de la fin d’année pour semer les graines de ton futur, celui qui te rend enthousiaste et optimiste.

Sur ce, je te souhaite une belle et heureuse année à venir, remplie d’amour, de joie et de succès dans tout ce que tu choisiras de vivre et d’entreprendre.

À bientôt en 2024,
Guylaine

Crédit photo : Oleksandr Kurchev sur Unsplash

C’est toi qui décide

Aujourd’hui, j’en suis au jour #24 de l’écriture de mon livre. Dans une lettre de janvier intitulée La constance (disponible…

L’heure du choix

Bien le bonjour à vous ! « La Vie est une question à choix multiples » Sonia Lahsaini Figurez-vous que le choix de…

Le perfectionnisme

Hier matin en sortant de chez moi, je me suis demandé ce que j’allais écrire cette semaine. J’ai demandé -…

La constance

Encore une fois, je m’assieds derrière mon clavier pour écrire la lettre du vendredi, devenue pour moi une forme d’introspection,…

Se comparer aux autres

J’espère que tu as passé une belle semaine. Hier matin au réveil, je me suis rappelé une histoire zen que…

Trois formes d’abondance

En composant cette lettre du vendredi, je souhaite que ce moment d’introspection te soit profitable, tout autant qu’il l’a été…

Semer des graines

À l’aube de la nouvelle année, je débute cette lettre du vendredi en vous disant MERCI pour vos courriels, vos…

La puce à l’oreille

La fin d’année arrive à grands pas et ici au Québec, l’hiver s’installe tout doucement.  Après avoir écrit trois lettres…

Ce que je veux… ou ce que je dois?

En ce vendredi de décembre, je reprends la plume pour écrire une nouvelle lettre.Si tu lis mes messages depuis quelque…

Se compliquer la vie… pourquoi?

De retour à mon clavier pour la lettre du vendredi, je débute en partageant une synchronicité que j’ai vécue cette…

Guylaine

Préparatrice mentale et coach sportif depuis 30 ans, j’accompagne les individus dans l’élaboration de stratégies mentales favorisant l’équilibre, le bien-être et la performance afin que chacun puisse s’accomplir et s’épanouir dans tous les domaines de vie.