Ce que je veux… ou ce que je dois?

En ce vendredi de décembre, je reprends la plume pour écrire une nouvelle lettre.

Si tu lis mes messages depuis quelque temps, tu sais déjà que j’ai l’habitude de raconter une expérience vécue durant la semaine pour partager ce que j’en ai retiré. Peut-être t’arrive-t-il de te retrouver dans quelques-unes de ces histoires, et si c’est le cas, je souhaite qu’elles puissent nourrir ta propre réflexion.

Cette semaine, j’ai jonglé avec deux mots : authenticité et intégrité.

(En fait, le duo s’est transformé en trio, mais j’y reviendrai un peu plus loin.)

Cette réflexion est née d’un incident vécu lundi dernier.

En juin de cette année, j’ai commencé à m’impliquer dans les opérations d’un club sportif, à raison de quelques heures par semaine. Les mois passant, j’ai reçu dans ma boîte de courriels une invitation à une réunion, programmée le lundi 11 décembre en soirée.

Lorsque j’ai reçu l’invitation, sans trop réfléchir j’ai répondu présent.

En effet, pourquoi aurais-je réagi autrement?

Cela faisait partie de mon travail : on me demandait de préparer un bilan pour l’année en cours, et d’offrir ma vision pour l’année à venir.

La semaine dernière, en consultant mon agenda, je me suis rappelé la réunion. Il me fallait me préparer, m’étais-je dit, car je savais que cet événement comporterait certains enjeux pour moi.

Tout d’abord, je suis hypersensible au bruit, et je deviens vite fatiguée en grand groupe ; côté nourriture, je mange sans gluten et sans lactose, et la pizza était au menu pour les participants ; sur le plan de l’horaire, je me lève à 3 heures du matin tous les jours, et pour récupérer je médite en soirée.

Pendant de nombreuses années, dans un désir de « faire comme tout le monde », j’avais évité de prendre en compte mes besoins. En fait, me croyant anormale, j’avais carrément nié leur existence. Toutefois, à un certain point je n’ai plus eu cette possibilité ; il me fallait reconnaître mon mode de fonctionnement, car ma santé commençait à s’en ressentir.

J’ai alors appris à m’adapter. 

C’est ainsi que ce dimanche, veille de la réunion, je me suis mise à planifier : j’allais préparer mon repas du soir, ralentir la cadence durant la journée, réorganiser mes tâches du lendemain et prévoir un long repos après l’événement.

Tout était sous contrôle.

Tout se passerait bien.

Or, plus le moment de la réunion approchait, moins j’allais bien.

Lundi au réveil : mon niveau de créativité était à zéro, j’étais déprimée à l’idée que ma matinée du lendemain partait à vau-l’eau, et même ma course matinale ne m’apportait pas l’énergie habituelle.

Néanmoins, le vrai déclic s’est produit sur l’heure du midi.

Alors que j’ai l’habitude de manger matin et soir, ce jour-là j’ai pris le repas du midi. En m’observant agir, j’ai réalisé, stupéfaite, que je mangeais pour oublier!

C’est alors que je me suis dit : stop.

Quelque chose ne tournait pas rond.

Alors que je m’apprêtais à partir pour la réunion, j’ai posé mon sac et je me suis rassise.

Et si je me permettais, pendant un instant, d’envisager l’option de ne pas participer à cette réunion?

À cette idée, j’ai réussi à me détendre un peu.

Y aurait-il un autre moyen de respecter mon engagement et démontrer ma loyauté à mon club?

Sur une inspiration, j’ai attrapé mon cellulaire, ouvert mes notes, et je me suis mise à écrire. Les mots ont défilé, et en quelques minutes, j’avais un texte qui présentait très bien ma vision pour l’année à venir. J’ai copié le texte dans notre groupe de discussion, appuyé sur la flèche d’envoi… 

Puis j’ai recommencé à respirer.

Rien n’avait explosé.

Après la réunion, l’un des participants m’a dit que mon texte avait été lu, apprécié, et qu’on y avait fait référence quelques fois durant la rencontre. Au final, j’avais joué mon rôle, tout en respectant mon besoin du moment. J’avais démontré authenticité et intégrité.

Authenticité, intégrité.

Ces deux mots sont souvent utilisés de manière interchangeable ; mais y a-t-il une différence?

Dans ma définition à moi, je suis authentique lorsque je me permets d’être qui je suis ; je suis intègre lorsque je respecte mes valeurs et le code moral que je me suis donné.

En d’autres mots, être authentique, c’est faire ce qui est bon pour moi ; être intègre, c’est agir en accord avec mes valeurs.

Pendant longtemps, j’ai manqué d’authenticité ; j’ai évité d’écouter et d’affirmer qui j’étais, croyant que mes résistances, mes désirs et mes besoins n’étaient pas normaux ou acceptables.

Puis, dans un souci de m’épanouir, j’ai fait des efforts pour écouter mes désirs et répondre à mes besoins. Toutefois, lorsqu’ils étaient en conflit avec mes valeurs ou mes principes, j’ai cherché à m’adapter. 

Jusqu’à ce qu’un jour, je réalise que ce qui était d’abord de l’adaptation était devenu de la suradaptation ; mettre en oeuvre toutes ces stratégies me demandait énormément d’énergie.

Trop.

C’est alors que la dernière pièce du casse-tête s’est mise en place.

Pendant toutes ces années, j’avais cherché à faire ce qui était bon pour moi tout accomplissant mon devoir, sans avoir à communiquer qui j’étais.

Authenticité, intégrité, …

Il manquait l’honnêteté.

Ou peut-être, l’humilité ?

Parfois, la solution est aussi simple que cela : il suffit d’oser dire qui l’ont est, et d’exprimer nos désirs et nos besoins. 

Faisant cela, j’ai découvert toute la générosité et l’ouverture des gens, qui se sont mis eux-mêmes à s’adapter et à proposer des solutions qui convenaient à tous, incluant moi.

Authenticité, intégrité, honnêteté.

Pour m’accomplir et m’épanouir, j’ai besoin des trois qualités : 

Je fais ce qui est bon pour moi.
J’agis selon ce qui me semble juste.
J’affirme qui je suis et ce que je veux.

L’une de ces qualités peuvent s’avérer plus présente chez nous que les autres, et très souvent l’une d’entre elles est à développer.

L’expérience m’a appris que de manière générale, les individus ayant une énergie plus Guerrière, avec un sens du devoir très fort, ont tendance à maîtriser d’abord l’intégrité ; les individus ayant une énergie plus Zen, grâce à une grande capacité d’introspection, ont tendance à maîtriser d’abord l’authenticité.

Qu’en est-il pour toi?

Sur ce, je te souhaite un très beau week-end,
Guylaine

Crédit photo : svklimkin sur Pixabay

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Guylaine

Préparatrice mentale et coach sportif depuis 30 ans, j’accompagne les individus dans l’élaboration de stratégies mentales favorisant l’équilibre, le bien-être et la performance afin que chacun puisse s’accomplir et s’épanouir dans tous les domaines de vie.